Un couple Salvat Etchart

C'est le titre que les éditions de la Mauvaise graine ont retenu pour ce recueil de 7 nouvelles, publié en 1962 par Julliard sous le titre "une bonne à six".

Qualifié d'hymne à la colonie, cette entrée dans le monde littéraire d'un écrivain qui recevra le prix Renaudot en 1967 pour "le monde tel qu'il est", est pour le moins "dérangeante".

Les personnages sont grossiers. Les hommes voraces du sexe des femmes, qu'ils semblent détester autant qu'aimer, les femmes restant soumises à leur désir. Il est question de croupe, de galop, de jupe...

Une écriture matière qui donne à voir et à sentir les îles, en l'occurrence la Martinique. Il y a une violence sourde qui n'est pas seulement celle de l'homme envers la femme objet de désir. Il semblerait que le pays même dans sa beauté sauvage soit le lieu de cette violence sourde, et de cette manipulation veule à l'instar du héro Kova le syrien de la nouvelle "chaque heure à ses plaisirs". Il embobine un ouvrier sans le sous en lui vendant une montre plus de 3 fois ce qu'elle lui a couté.

Salvat Etchart aime tellement ce pays, ou le déteste comment savoir? En tous les cas la peinture qu'il en fait est juste, mordante et sans fard. La vie y est âpre. Elle a le goût qui donne la grimace comme quand on a avalé son rhum sec. Il ne reste plus qu'à faire claquer le verre sur la table, et en commander un autre.

© Gilda Gonfier - 5 mars 2009

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