La petite fabrique d'écriture : les textes
Ici, les visiteur·euses et membres de notre communauté s'essaient à l'art de l'écriture, explorant les multiples chemins de l'imaginaire, du réel, de l'intime ou du collectif. Chaque texte est une empreinte singulière, une pièce ajoutée au grand puzzle de la créativité partagée.
Que ces récits, fragments ou éclats d'écriture vous inspirent, vous surprennent ou vous émeuvent. Et surtout, n'hésitez pas à lancer ou relancer à votre tour la Petite Fabrique : une consigne, une citation inspirante ou un élan personnel suffisent pour nourrir votre inspiration et muscler votre créativité.
Bonne lecture et belle écriture à vous !
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A la recherche d'une idée
Assise à quelques mètres de la falaise, je regarde la mer dérouler sa robe grisatre de dentelles. Dans le tourni des vagues en furie j'en perds complètement la vue. Affolée je m'éloigne du rivage au rythme battant de mes pépas de fortune. Peu après, installée bien au chaud devant mon bureau en bois d'acajou, je construis un imaginaire peuplé d'histoires en chemin pour l'écrire. De folles idées fusant de toutes part incendient mon coeur passioné d'écrivain. Idées nourries de frottement diverses éveillant des lueurs d'inspiration. Frottement d'ivresses folles de lendemain, frottement de chemins en croix, frottement feutré de sandales en quête d'un super pied à marier sur la terre désséchée du jardin et frottement enfin d'aventures éparses n'arrivant jamais à leur terme. Mon père criera "Vive la Révolution!" quand il saura que ma plume s'est enfin décidée à parler. Soudain, le ciel s'invite tout entier par l'encadrement de ma porte ouverte. Je rougis de ce viol inattendu de mon intimité... faudra-t-il aussi que je marche jusqu'à lui pour saisir à mon tour la nuit caraïbe et ses clindinding à pleine main? Cette diversion détourne mon esprit de son intention première. Ennuyée de cette légerté, ma muse alors disparait pour d'autres amants et le roi du monde des songes décide de se taire obstinément. Je cherche en vain l'idée lumineuse qui fera de moi le penseur de tous les temps! Mais plus rien d'autre ne surgit de mon être que le triste sentiment d'être prise en otage par une inspiration capricieuse et perverse. Mais tu auras beau courir, virvolter, tourner au gré du vent, le lieu de ton nombril planté jamais ne choisiras. Il en est de même pour l'idée: voilà que tout de go elle m'impose sauvagement sa télévision allumée sur des visions du passé. Et me voici encore une fois prise a son étau de fer se resserrant de plus en plus sur ma plume exhaltée de tant de générosités. "A l'heure de ta mort tu disparaîs de ton passé comme de ton présent et tu te déplaces à travers le temps éternel le sac à dos de ton histoire s'évanouissant progressivement de nos mémoires". Cette phrase surgie du néant apparait - mystère! - sur le blanc immaculé de mon cahier. Mensonge! Cette phrase me dérange au plus haut point! Il demeure toujours un peu parfum surrané des fleurs fânées! Le passé ne peut s'évanouir totalement! De rage je déchire la feuille. Décidément le dicton créole a bien raison: pli ou ka monté ou ka santi ou ka désann. Pli ou ka vansé ou ka santi ou ka tchoulé osi... Je me lève de mon fauteuil désespérée, sans me soucier des éclaboussure de l'encrier sur mon buvard avide de bleuté.
Plaisir solitaire
les souvenirs sont sur la table, pas de disparition possible ce bel oiseau des savanes toutes plumes dehors s'en va affronter l'océan que savait-elle de moi avec certitude pour me faire don de sa confiance ? elle avait enfin tari ce torrent de pleurs séchés, mes habits et mes bras lui servant de tamis cette espérance, passerelle entre la terre et la mer : les deux facettes de mon être connectées à l'arc en ciel pour ouvrir les fenêtres et autres ouvertures vers la vie aussi le sable du désert d'Orient fait l'effet d'une lampe qui attire les lucioles assis, couché, toujours rêver malgré la plus grande et néanmoins douloureuse solitude le coeur vit là où l'esprit laisse des traces sans qu'il ne soit question d'écriture pas de place ici pour les nuages, ombres et terreurs, cela n'est que billevesée, la vie existe au coeur de l'instant
confession du vampire des embouchures
Débarrassé de tout cet amas de souvenirs improbables accumulés au cours des ans, son esprit etait comme une chambre noire, obscur et secret, mais pret a recevoir le don de la lumiere pour le fixer a jamais sur le papier.
Et chaque fois, pris de colere, il saute de son lit et renverse sa table de chevet. et chaque fois le corps trempe d'eau de lune et l'ame sombre il revet sa cape de vampire et reprend son errance . Mi-homme mi-poisson, il échoua au coeur de Venise ou un pretre aux yeux exorbites de terreur reçut en se signant sa confession. La il etait lui semblait-il enfin a l'abri, recroqueville comme un foetus dans sa nuit uterine, a l'ombre du confessionnal . A l'arbre imprevisible de ses ramifications qui trace en creux l'immensité de ses beances , il offre le ciel dans un jardin chinois et entre les branches installe de fragiles passerelles car il est lui meme devant cette oeuvre dont il a deja oublie la source desemparé comme le marin portuguais sans carte ni boussole ballotté par les mascarets a l'embouchure de l'Amazone. Et au detour d'une ile de mangroves jusque la dissimulee par la nuit il decouvre, leurs ossements affleurant sur le sable du rivage, les peuples manquants si souvent mentionnés dans le Livre .
Et chaque fois, pris de colere, il saute de son lit et renverse sa table de chevet. et chaque fois le corps trempe d'eau de lune et l'ame sombre il revet sa cape de vampire et reprend son errance . Mi-homme mi-poisson, il échoua au coeur de Venise ou un pretre aux yeux exorbites de terreur reçut en se signant sa confession. La il etait lui semblait-il enfin a l'abri, recroqueville comme un foetus dans sa nuit uterine, a l'ombre du confessionnal . A l'arbre imprevisible de ses ramifications qui trace en creux l'immensité de ses beances , il offre le ciel dans un jardin chinois et entre les branches installe de fragiles passerelles car il est lui meme devant cette oeuvre dont il a deja oublie la source desemparé comme le marin portuguais sans carte ni boussole ballotté par les mascarets a l'embouchure de l'Amazone. Et au detour d'une ile de mangroves jusque la dissimulee par la nuit il decouvre, leurs ossements affleurant sur le sable du rivage, les peuples manquants si souvent mentionnés dans le Livre .
L'ours, la sirène et la boussole
les carottes de neige recèlent des traces du passé ces traces, qui, si nous pouvions y goûter nous révèleraient des délices ailées. Il se demandait ce que contenait ce récipient, tout en enfilant son cardigan, bien sûr, il aurait aimé que ce fut une vérité élémentaire, de celle qui fuse, parfois, au coeur de la nuit car dans l'aquarium, soudain je vis une sirène, qui voyageait dans son carosse. Heureusement nous étions en avril, et les pécheurs n'avaient pas encore sorti leur fil à plomb ; peut-être les dauphins en ont-ils encore le souvenir, qu'ils nous content dans leur langage, inconnu. C'est une langue que j'imagine très littéraire, à moins qu'elle ne soit qu'élan primordial, tel l'instinct de l'ours et je tente de les noter, mais mon taille crayon a disparu, soit dit entre parenthèse aussi, pour ne pas les perdre totalement, je me fixe le but d'atteindre les terres d'amériques, me fiant pour cela à ma boussole interne.
se mettre dans un état de crise et puis se laisser aller à l'errance, peut-être un truc comme ca. Ou sinon la nuit faire de nos cieux secrets une terre d'ombre brûlée... Il nous fallait deviner, dans sa robe d'or et de feu, l'astre divin ensommeillé. Etait-ce un don biblique, une offrande ou un trésor d'Orient ? Soudain la chair végétale. Soudain le vent. Soudain le tremblement dans cette ferveur végétale. Et le nom de mes morts disparurent de ma mémoire, sans laisser de traces. Ce visage que tu m'a laissé en partant, amer et sombre. Tes paroles d'ombre qui s'acharnent au fur et à mesure que je m'efforce de les abattre. Les constellations ! Qui voit le poison distilé au fil des mots ? Les Citrines, oui ! Les Cirines, peuples manquants à ma connaissance etriquée.
L'usage est que tout le monde le remarque rapidement Cela rappel la terre d'ombre brûlée que le poète a décrit dans son livre Cela peut faire immédiatement penser à un voyage qui fut heureux Heureux car même si il ne rapporta pas d'or et d'argent, il porta chance comme un trèfle à quatre feuilles C'est la présence du temps qui me fera revenir Il futcomme la muse avec ses délices ailés qu'on pu découvrir au musé Elles seront balayées par le mistral et permettront aux couples de se retrouver Cela est arrivé à tous les peuples marquants même devant un avenir aussi sombre que le café On se retrouvera comme le chat et sa solitude à attendre le retour de son maitre Mais celui-ci va bientôt rentrer par les chemins de sable et l'animal recommencera son manège